La vidéo « Disparaître | Sous les radars des algorithmes » d’ARTE analyse la manière dont nos vies numériques sont scrutées et exploitées par des algorithmes. Mais il s’agit aussi de proposer des moyens de retrouver un semblant de confidentialité. À l’ère de la surveillance numérique, où chaque action en ligne laisse une trace, les géants du numérique (GAFAM) ont construit des empires basés sur la collecte massive de données. Les utilisateurs sont souvent inconscients des risques encourus ou ne savent pas comment protéger leurs informations.

Les géants du numérique : Surveillance et collecte de données

Les grandes entreprises comme Google, Facebook ou Amazon captent des informations sur leurs utilisateurs. Pourquoi ? Tout simplement pour les vendre à des annonceurs ou les partager avec des tiers. Même les données apparemment innocentes, comme des likes ou des connexions à des plateformes, vont permettre d’établir des profils très détaillés sur les utilisateurs.

Dans des villes comme Berlin, la population s’est révoltée contre l’influence grandissante de ces entreprises. C’est par exemple le cas lors de la mobilisation contre l’implantation de Google dans le quartier de Kreuzberg. Cet exemple met en lumière un mouvement grandissant qui remet en question la dépendance aux géants technologiques.

Alternatives aux plateformes des GAFAM

Face à cette dépendance, plusieurs experts interviewés dans la vidéo recommandent d’adopter des alternatives respectueuses de la vie privée. Par exemple, au lieu de Google, vous pouvez utiliser des moteurs de recherche comme DuckDuckGo. Et désinstaller Chrome au profit des navigateurs comme Firefox ou Tor. Ces outils permettent de limiter la collecte d’informations personnelles tout en offrant des services similaires.

L’artiste berlinois Max, qui participe à un collectif culturel, s’interroge sur la possibilité de quitter Facebook. Il compte passer à une nouvelle plateforme appelée Mobilizon pour organiser des événements culturels. Mobilizon, faisant partie du Fédiverse, est un réseau social décentralisé qui ne collecte pas de données personnelles. Max et son collectif espèrent donc montrer l’exemple en migrant vers ces alternatives, loin des yeux des algorithmes.

Les dangers pour les jeunes utilisateurs

La vidéo aborde aussi la question de la vulnérabilité des adolescents, grands utilisateurs de réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok. Les éducateurs du lycée français de Casablanca ont ainsi pris l’initiative de sensibiliser les jeunes aux risques liés à l’exploitation de leurs données personnelles. Cyberharcèlement, collecte de données par les réseaux sociaux : des conséquences parfois dévastatrices peuvent en découler.

Un aspect frappant est que la plupart des jeunes n’ont jamais lu les conditions d’utilisation des réseaux sociaux. La vidéo insiste donc sur la nécessité de comprendre comment les réseaux sociaux captent des informations non seulement via les publications, mais aussi à travers des métadonnées invisibles.

La lutte mondiale pour la vie privée

Au-delà des solutions locales, la vidéo s’intéresse aux initiatives mondiales pour protéger la vie privée, notamment à travers des outils comme Signal, PGP (Pretty Good Privacy) et SecureDrop. Waikai, une chercheuse basée à Hong Kong, témoigne des dangers auxquels sont confrontés les citoyens sous surveillance chinoise. Elle décrit l’importance d’apprendre à se protéger et d’aider les autres à faire de même dans un contexte où chaque communication peut être interceptée.

L’un des aspects clés est l’utilisation des modèles de menace pour évaluer les risques auxquels on est confronté. Les journalistes, lanceurs d’alerte et activistes apprennent à identifier leurs adversaires et à utiliser les outils appropriés pour éviter les poursuites ou la surveillance.

La montée d’un internet décentralisé

Il existe des solutions concrètes pour contrer l’hégémonie des GAFAM. C’est tout simplement la montée des outils open source et des réseaux décentralisés comme le Fédiverse. Par exemple :

  • Mastodon, alternative à Twitter
  • Mobilizon pour les événements
  • Peertube pour regarder des vidéos et éviter Youtube
  • Funkwhale pour écouter de la musique en streaming

Ces outils permettent de regagner un contrôle sur ses données. Cela permet donc de contrer la surveillance numérique et améliorer la protection des données personnelles.

L’idée sous-jacente est que ces plateformes sont basées sur un modèle fédéré. C’est-à-dire que chaque utilisateur peut héberger ses propres serveurs et créer un réseau indépendant. Ainsi les géants du numérique n’ont plus le monopole de l’information… Et c’est la voie à un nouvel internet plus équitable et respectueux de la vie privée.