SHEIN, le géant chinois de la fast fashion, attire l’attention pour ses pratiques controversées. Ce documentaire révèle les rouages cachés de la marque. Exploitation des travailleurs, surproduction extrême, impact écologique ou encore qualité douteuse des produits. En plongeant dans les coulisses de ce mastodonte, Claire Latour met en évidence les conséquences sociales et environnementales de son modèle économique.

Une croissance vertigineuse mais à quel prix ?

SHEIN, synonyme de fast fashion, propose jusqu’à 53 000 nouvelles références par jour. C’est beaucoup plus que ses concurrents comme Zara ou Mango. Son modèle repose sur des prix ultra-compétitifs (en moyenne 13 € par article pour les femmes) et une stratégie marketing agressive. L’expérience utilisateur sur leur site repose sur des « dark patterns ». Ce sont des techniques de manipulation qui poussent les consommateurs à l’achat impulsif.

Cette stratégie alimente une surproduction massive. Chaque jour, des tonnes de produits sont créées, expédiées et souvent peu utilisées avant d’être jetées. Cela aggrave ainsi les problèmes de déchets textiles mondiaux.

Des Conditions de Travail Alarmantes

Dans la région de Canton, les ouvriers qui produisent pour SHEIN sont soumis à des conditions de travail éprouvantes. Payés à la pièce (environ 39 centimes d’euro par article), ils doivent produire jusqu’à 1 000 vêtements par jour. Ces travailleurs n’ont souvent pas de contrat formel et leurs horaires peuvent atteindre 80 heures par semaine.

Les conséquences sociales de ce modèle sont graves. Notamment pour la séparation familiale et les risques pour la santé des ouvriers, qui travaillent dans des conditions précaires.

Impact environnemental cataclysmique

Le polyester, une fibre issue du pétrole, constitue 65 % des vêtements SHEIN. Cette matière non biodégradable contribue directement à la pollution plastique mondiale.

Les tests en laboratoire effectués sur certains articles de la marque révèlent des niveaux alarmants de substances toxiques, comme du nickel 300 fois supérieur à la limite autorisée par l’UE, ou du chrome 6. Ces produits présentent des risques pour la santé humaine, incluant allergies, irritations cutanées et risques de cancer.

Les conséquences mondiales de la surconsommation et de la fast fashion

Les vêtements invendus ou retournés voyagent sur des milliers de kilomètres, multipliant leur empreinte carbone. Par exemple, un pantalon SHEIN a parcouru 23 500 km après son retour. Ces trajets inutiles illustrent l’inefficacité et le coût environnemental du modèle de distribution de la marque.

Dans des pays comme le Ghana, les invendus occidentaux deviennent des déchets qui s’accumulent sur les plages ou dans des décharges, polluant l’eau et les sols, et mettant en péril la biodiversité locale.

Tentatives de greenwashing pour Shein

SHEIN, tente d’améliorer son image écologique en finançant des ONG ou en mettant en avant des initiatives dites « durables ». Cependant, ces efforts sont souvent perçus comme du greenwashing, car ils restent en contradiction avec son modèle économique basé sur la surproduction.

Par exemple, l’engagement de 15 millions d’euros pour soutenir le recyclage textile est nécessaire, mais ne compense pas les volumes faramineux de déchets que la marque génère chaque jour.

Le documentaire dévoile les conséquences d’un modèle de fast fashion non réglementé et invite à une réflexion sur nos habitudes de consommation. Acheter moins, privilégier la qualité et exiger des régulations plus strictes pour les marques comme SHEIN sont des solutions pour limiter l’impact environnemental et social de cette industrie.